Pourquoi sommes-nous capables de ressentir les émotions des autres ?
Réf. blog : TP5 - Date de mise à jour : 22-01-2021
L'apprentissage par association et la
mémorisation à long terme se sont fortement développés avec les
mammifères. Désormais, une simple perception pourra être
associée à des idées totalement diverses. Par exemple, un chien
qui voit un os peut penser successivement à son écuelle, son maître
qui lui a donné un drôle d'os hier, ou encore la peur qu'il a eu en
voyant cet os bouger (parce que c'était un jouet). Chez les
humains, ces associations sont multiples et très rapide : la
véritable « imagination » est née.
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Agir ou imaginer que l'on agit,
c'est pareil
On a vérifié expérimentalement que la
pensée intérieure met en oeuvre les mêmes structures cérébrales
que lorsque l'on exécute une action. Ainsi, pour un chien, bouger
la patte, ou imaginer qu'il la bouge, met en ouvre les mêmes réseaux
neuronaux (sauf évidemment les réseaux de motoneurones reliés aux
muscles de la patte). Chez l'homme, le chercheur Alain Berthoz a
montré que lorsque l'on demande à quelqu'un de regarder
successivement à droite puis à gauche, et ensuite de ne plus bouger
les yeux mais seulement d'imaginer qu'il déplace son regard, on
active les mêmes aires dans son cerveau, à l'exception des neurones
moteurs chargés du mouvement final (bouger les yeux)... Si le
mouvement final, soit ici le fait de bouger ses yeux, n'est pas
exécuté, c'est grâce à des neurones inhibiteurs. Par exemple
ici, pour les saccades oculaires, les neurones inhibiteurs qui
bloquent l'action proviennent du tronc cérébral.
Et de
même, lorsque nous observons quelqu'un agir, nous activons les mêmes
neurones que si c'était nous qui agissions.
Lorsque nous
observons une autre personne réaliser une action, les aires du
cerveau qui sont activées sont « pratiquement » les
mêmes que les aires qui seraient activées si nous réalisions
nous-même l'action. Giacomo Rizzolatti, Professeur à
l'Université de Parme, en Italie, a mis en évidence une zone de
« neurones miroirs » chez le singe ; ces neurones
sont activés quand l'animal exécute un geste, mais aussi quand il
observe ce geste effectué par un autre. Egalement, Giovanni
Buccino de l'université de Parme a montré en 2001 que lorsque nous
observons une personne exécuter un mouvement de la main, c'est la
zone du cerveau qui contrôle les muscles de notre main qui est
activée. Et de même si on regarde une personne exécuter
n'importe quel mouvement, et en particulier un mouvement de la
bouche. Cela expliquerait la tendance à l'imitation qu'ont les
humains et qu'ont également de nombreux animaux : si quelqu'un
rit, nous avons tendance à rire, si un oiseau s'envole, toute la
troupe des oiseaux s'envole.
Voilà pourquoi nous
pouvons facilement nous mettre à la place d'autrui !
L'observation
confirme que les mêmes réseaux neuronaux (et en particulier ceux du
cortex préfrontal médian) sont impliqués dans la conscience de soi
et dans l'attribution d'états mentaux à autrui. Cela explique
pourquoi nous pouvons souvent « nous mettre à la place »
d'une personne. Nous activons les mêmes zones cérébrales
qu'elle, nous ressentons ce qu'elle ressent. Nous pouvons donc
nous mettre à sa place !
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